Le manuscrit Novum viridarium mathematicorum : les mathématiques en images

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La 30e édition de la Fête de la science aura lieu du 1er au 11 octobre. A cette occasion, Tolosana vous propose de découvrir un manuscrit de mathématique particulièrement illustré, le « Novum mathematicorum viridarium », réalisé vraisemblablement au 17e siècle. Sous ce joli titre « Le nouveau jardin des mathématiques1 », se cache une compilation de traités mathématiques rédigée en latin, dont l’austérité est atténuée par son ornementation et ses illustrations.

Après le préambule on trouve les versions abrégées de deux traités du mathématicien et astronome allemand Christophorus Clavius, parfois surnommé l’« l’Euclide du 16e siècle » : l’Arithmétique et la Géométrie pratique. Elles sont suivies d’une introduction à l’Optique de Witellion (ou Vitellion), traité rédigé au 13e siècle par un moine de Silésie (Pologne) à partir de l’œuvre du médecine arabe Alhasen. Viennent ensuite, sans mention d'un nom d'auteur de référence, deux introductions à l’arithmétique astronomique et à l’astronomie, un traité des planètes et un traité des horloges "sciothériques" (cadrans solaires).

L’étude de ce manuscrit reste à faire et on ne peut avancer à ce stade que quelques hypothèses. Il s’ouvre sur une page de titre à encadrement architecturé, avec une adresse bibliographique, ce qui pourrait laisser entendre qu’il s’agit d’une copie d’un ouvrage édité à Cologne par Pierre Hierat2. Mais aucun exemplaire de ce livre n’a pu être identifié . On peut donc penser qu’il s’agit plutôt d’un exemplaire unique d’une compilation réalisée par un auteur resté anonyme, sans doute à Cologne, étant donné le lieu mentionné dans la page de titre et la mention qui indique que le manuscrit a appartenu à la bibliothèque des capucins de Cologne.

La présentation du texte s’éloigne ensuite de celle d’un livre imprimé. Sauf pour les deux derniers traités, moins soignés, le manuscrit est écrit en deux couleurs qui rythment le texte, le rouge étant utilisé pour les titres des différentes parties, pour les capitales des débuts de paragraphe, ou pour souligner les mots importants. Des ornements ponctuent également l’ouvrage ; ils sont placés en fin de chapitre (culs-de-lampe de grande taille) ou encadrent certains titres.

                                                

Une abondante illustration vient également compléter le texte. On trouve bien entendu de nombreux tableaux et figures mathématiques ou astronomiques, mais aussi de véritables petites scènes figurant des personnages et des paysages, principalement dans la partie concernant la géométrie. Pour certaines, le rapport avec le sujet traité n'est pas toujours évident.

 

Ce manuscrit a échappé à l'incendie qui détruisit la section médecine-sciences de la BU de Toulouse en 1910. Les registres ayant brûlé, nous ignorons les circonstances de cette acquisition. Transporté à la section droit-lettres de la BU, il n'a pas réintégré les locaux après leur réouverture en 1919, de même que les autres manuscrits scientifiques. Comme l'ensemble des collections anciennes de la section droit-lettres, il est actuellement conservé à la BU de l'Arsenal.

1 Le titre fait sans doute référence au Viridarium mathematicorum publié au 16e siècle par le mathématicien et astronome italien Giovanni Padovani.

2 Il existe bien une famille d'imprimeurs actifs à Cologne à la fin du 16e et au début du 17e siècle; mais seuls Anton et Arnold sont référencés.

Posté le 30/09/2021
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